A la veille du décollage, étrangement un sentiment d'amertume est venu remplacer l'euphorie du départ... Une seule phrase revient dans ma tête : "Je ne le mérite pas".
Je pense à cet hôtel de luxe, à ces paysages magnifiques... Et la seule chose qui me préoccupe, c'est le reste de la terre, cette partie de la planète qui meurt de pendant que j'écris ces quelques mots.
Je pense aussi aux membres de ma famille, qui vont rester là alors que je me promènerai sur les plages de Djerba... Ils vont travailler dur pour gagner leur vie. Eux qui méritent cent fois plus que moi de partir se reposer sous le soleil en Afrique !!!
Enfin, je pense au travail. A ces seulement quelques heures de travail que je vais louper, mais qui sont la seule façon que j'ai de me "racheter", de gratter ma croute. Ma seule façon de devenir un peu plus autonome, d'alléger le poids que je pèse.
Et je finis par me dire que tout cela est inutile, que de toute façon demain je monterai dans cet avion les yeux plein d'étoiles brillantes, qu'à cet instant seuls compteront pour moi ma famille que je laisse derrière moi, et les trois jours de rêve que je vais passer.
Et je finis par me donner bonne conscience, en disant "Je me rattraperai à mon retour !".
Même pas le courage d'avouer qu'à mon retour, à part que j'aurai profité, en "bonne grosse européenne riche à crever", d'une semaine dans un pays beaucoup plus pauvre que le mien où je me plains sans arrêt, rien ne changera.
FILLE LÂCHE
QUE TU ES AMANDA !!!